Salut Jean-baptiste,
Comme prévu je te fais un résumé de ma course à l’Alpe d’Huez pour laquelle j’étais super bien préparé, les sensations des semaines précédentes me permettaient d’arriver avec une certaine confiance.
Un an que j’en parle de cette course et après de longs mois de préparation me voilà enfin au départ avec l’objectif d’améliorer mon temps de l’an dernier.
Comme tu le sais la natation n’est pas mon point fort mais plutôt une grande source de stress. Alors avant le départ j’essaie de me renseigner pour savoir où se placer, s’il vaut mieux partir vite ou plutôt à mon rythme… Finalement je décide de me placer au milieu et de partir devant car à Sommieres cela m’avait bien réussi.
L’eau est annoncée à 15 degrés mais personne n’y croit, il suffit de mettre un pied dedans pour comprendre qu’on est plus proche des 12-13°. Sur la ligne de départ les dents claques, « départ dans 1 minute »... et toute la meute de triathletes s’élance, la machine à laver se met en route et me voilà chahuté dans tous les sens. Les sensations ne sont pas super sur les 500 premiers mètres je prends pas mal de coup et la fraîcheur de l’eau me gène. Je trouve enfin mon rythme et le demi tour arrive finalement plutôt vite. Au retour je décide de calmer un peu le jeu pour ne pas laisser trop de forces pour la suite de la course.

Je sors finalement de l’eau en 50', c’est 8' de gagné par rapport à l’an dernier, mais sur le moment je ne me préoccupe pas de ça, j’ai 115 kms de vélo avec 3 cols à faire, dont la montée finale sur l’Alpe d’Huez... il va donc falloir bien gérer.
Les premiers coups de pédale sont compliqués, j’ai mal aux jambes et je n'ai aucune sensation... Je m’attends à une longue journée. Je me rappelle de tes conseils sur la nutrition et commence à m’alimenter dès les premiers kilomètres, dans le faux plat descendant qui mène au pied de l’alpe du grand serre, il faut slalomer entre les voitures et la file de triathletes, perso je joue le jeu et ne prend aucune roue, je suis impatient d’arriver dans le premier col. La montée de l’alpe du grand serre se passe bien mais je n’ai pas l’impression d’aller bien vite, les jambes sont dures en plus la montée étant en pleine ombre je ressens encore la fraîcheur et cela me gène, la montée se fait au mental. Au sommet je prends bien le temps de m’alimenter car je redoute la longue portion de plaine qui nous mène jusqu'à Valbonnias où se situe la mi-parcours vélo. Tout se passe bien, le rythme est bon, le temps passe vite comparé à l’an dernier. Je prends bien le temps de boire car il commence à faire chaud. Quand j’arrive à Valbonnais je sais que j’ai 10' d’avance sur mon temps vélo de l’an dernier ça me fait du bien d’avoir un enfin un repère, le coup de pédale devient plus léger, je me sens vraiment facile sur les premiers kilomètres de la montée du col d’ornon, et je me rappelle que tu m’avais dit de faire attention à l’euphorie, de ne pas en faire trop, alors je calme l’allure pour pas me griller dans ce col où en plus il fait très chaud, les bidons descendent vite. Le reste de la montée se fait sur un rythme soutenu mais en-dedans quand même, je choisis le début de la descente pour faire quelques étirements et encore et toujours manger car il va me falloir des forces pour cette montée de l’alpe.

Ce coup-ci je ne peux plus reculer, je suis au pied de la montée vers L’Alpe D’Huez, on va bien voir si j’ai fait une bonne gestion de course jusque-là, il fait très chaud, les premières rampes arrivent et tout va bien j’ai de bonnes sensations, je retrouve des jambes malgré les pourcentages. Une fois les 5 premiers lacets passés la pente se fait moins raide mais malheureusement je ressens un coup de moins bien, j’ai chaud, les jambes lourdes et je n’arrive pas à savoir où j’en suis physiquement, je bois beaucoup et laisse passer l’orage en espérant que ça revienne un peu plus tard. A 5 kms de l’arrivée tout est rentré dans l’ordre je suis sur un bon rythme, les jambes tournent bien et en plus c’est bientôt l’arrivée. Je commence à penser à la course a pied qui va suivre et ne voulant pas refaire les même erreur que l’an dernier je décide de finir le vélo en dedans. Je termine le vélo dans de bonne conditions en 4h48min soit 18' de moins que l’an dernier.
Il me reste 3 tours de parcours à effectuer pour être finisher, je me sens bien alors je pars vite dans le but de me mettre tout de suite dans un bon rythme, le premier tour s’effectue tambour battant, mais je sais déjà que je ne pourrais pas tenir ce rythme bien longtemps. Au milieu du second tour c’est la panne sèche, j’ai des douleurs partout, je suis au bord des crampes bref tout va mal je suis même obligé de marcher, je ressens le besoin de souffler un peu, mentalement ça devient très dur je n’ai plus de chrono, donc je ne sais plus où j’en suis mais j’essaie de rester positif en me disant qu’il ne reste plus qu’un tour et demi. J’ai toujours des problèmes pour m’alimenter à pied alors je profite de ce coup de moins bien pour refaire un peu le plein. Je finis le second tour en trottinant un peu comme je peux et m’engage sur la dernière boucle avec l’intention de reprendre les choses en main. Les débuts ne sont pas simples mais je retrouve une bonne foulée rien de bien exceptionnel mais j’ai un regain de forme. Ca ne va pas durer et la fin de la dernière boucle va être très dure je vais finir au mental, la ligne d’arrivée est proche et dans les 2 derniers kilomètres je laisse mes dernières forces pour franchir la ligne en 7 h 57 min en bouclant le semi marathon en 2h12. Je suis allé au bout du bout mais je suis heureux car j’améliore mon temps de l’an dernier d’1h20 et en plus de cela je passe sous les 8h.

Au vu de la préparation effectuée et des sensations que j’avais ressenties à l’entraînement ces dernières semaines je me savais capable de faire ce temps avant la course mais en sâchant qu’il fallait que je sois dans un bon jour et grâce à l’entraînement de ces derniers mois ça a été le cas, l’objectif principal de ma saison est atteint alors je te dis un grand MERCI pour tous tes conseils, ta disponibilité et tout ce que tu fais pour moi.
Nico |