La cellule Recherche et Développement WTS est très active en ce moment : notre coach de Toulon, [Frédéric SULTANA], a récemment publié une nouvelle étude sur les Masters triathlètes intitulée :
"Age-related changes in cardio-respiratory responses and muscular performance following an Olympic triathlon in well-trained triathletes".
Cette recherche a été publiée dans la célèbre revue scientifique European Journal of Applied Physiology.
Introduction : Après avoir étudié le déclin des performances avec l’âge en triathlon (Sultana et al. 2008; Lepers et al. 2009; Bernard et al. 2010), l’investigation des hypothèses explicatives passait par l’étude du modèle du Master triathlète. Une récente étude rapporte une fatigabilité accrue et une plus grande sensibilité aux dommages musculaires avec le vieillissement chez les Masters athlètes (Easthope et al. 2010).
Outre l’effet de l’âge sur les principaux facteurs de la performance en endurance (Tanaka et Seals 2008), il apparait intéressant d’évaluer l’impact de la réalisation d'une compétition de triathlon afin d’évaluer la fatigue induite par l’épreuve et de mesurer la réponse à l’exercice pendant l’épreuve.
Protocole : L’objet de cette nouvelle étude était donc de comparer le couple maximal isométrique et les paramètres cardio-respiratoires chez des jeunes et des Masters triathlètes, bien entrainés, avant et après une compétition de triathlon format olympique.
Un jour avant, puis 24 heures après la compétition, les sujets ont réalisé trois extensions et trois flexions volontaires maximales du genou ainsi qu'un test incrémental maximal en course à pied sur tapis roulant. Ces mesures visaient à déterminer chez chaque sujet le couple maximal isométrique, la consommation maximale d’oxygène (VO2max), les vitesses à VO2max (vVO2max), les vitesses aux seuils ventilatoires (VT1 et VT2) et l'efficience énergétique en course à pied (à allure sous maximale). Pendant l’épreuve du triathlon, un enregistrement continu de la réponse cardiaque des sujets a été réalisé.
Résultats : Avant la compétition, VO2max, vVO2max, les vitesses aux seuils ventilatoires et l’efficience énergétique étaient significativement plus faibles chez les Masters triathlètes, mais le couple maximal volontaire était similaire pour les deux groupes. 24 heures après la compétition, une diminution significative et similaire a été observée pour VO2max (-3,1% pour les Masters, et -6,2% pour les jeunes, p<0,05) et vVO2max (-9,5% pour les Masters, et -5,6% pour les jeunes, p<0,05) dans les 2 groupes. La vitesse à VT2 a diminué de manière significative uniquement chez les Masters alors qu’il n’a pas été observé de différence sur le couple maximal isométrique ou sur l’efficience énergétique en course à pied à allure sous maximale. Lors de l’épreuve de triathlon, il n’a pas été observé de différence d’intensité relative d’effort (évaluée en fonction du % FCmax) entre les deux groupes (91.3 ± 3.0% de FCmax pour les Masters vs 91.4 ± 2.6% de FCmax pour les jeunes).
Conclusion : Ces résultats indiquent que chez des triathlètes bien entraînés, il n'y a pas de différence significative sur l’intensité relative de l’effort pendant une compétition de triathlon entre sujets jeunes et sujets masters. Concernant la récupération, l'age n'a pas non plus d'influence significative sur la récupération 24h après la compétition. Seul VT2 est impacté probablement en raison des durées d'effort différentes entre les 2 groupes. |