Jean-Baptiste WIROTH,
Docteur en Sciences du Mouvement Humain
e-mail : jbw-coach@wts.fr
............La problématique de la tolérance alimentaires peut être examinée à 3 niveaux différents : au niveau gustatif, au niveau digestif et au niveau immunitaire.
Pour le sportif, la problématique des intolérances est autant valable dans la situation de repos que les situations d’effort intense.
Intolérance gustative
Le goût est un sens particulièrement important au quotidien. Ainsi, chacun d’entre-nous va spontanément vers les aliments qu’il préfère, parfois au détriment de la qualité des apports nutritionnels. L’industrie agro-alimentaire a bien cerné cet aspect des choses puisque de nombreux additifs sont incorporés aux aliments pour donner plus de sapidité (sel, sucre, arômes… etc), nous incitant ainsi à consommer plus.
Pour le sportif en situation d’effort de longue durée, la notion de plaisir gustatif est fondamentale. En effet, l’importance de la dépense énergétique nécessite des apports en adéquation avec les besoins. Or pour pouvoir s’alimenter régulièrement et efficacement, il est important de privilégier les compléments énergétiques qui sont les plus appréciés en terme de goût, tout en restant efficaces.
Comment lutter contre l’écoeurement à l’effort ?
L’écoeurement est un phénomène qui peut apparaître après quelques heures d’effort lors d’un triathlon longue distance. Différents facteurs peuvent être à l’origine du phénomène : blocage digestif, baisse de la glycémie, modification du fonctionnement des récepteurs sensoriels… Plusieurs recommandations peuvent être formulées pour prévenir ce phénomène :
- S’entraîner à consommer les aliments d’effort à l’entraînement dans la perspective de la compétition
- S’alimenter très régulièrement pour éviter les variations de glycémie, sources de nausées et d’écoeurement
- Varier les goûts et les textures (gels, barres). Attention toutefois à ce point car cela peut être source de blocage digestif chez certains athlètes.

Intolérance digestive
Le deuxième facteur qui influence la tolérance alimentaire est la capacité à digérer un aliment donné. Or il apparaît que certaines personnes ont des difficultés pour digérer puis assimiler certains aliments. Les aliments les moins tolérés sur le plan digestif sont essentiellement d’origine animale : le lait cru, les œufs… etc.
Comment éviter les troubles digestifs pendant l’effort ?
Au cours d’un effort, les troubles digestifs sont essentiellement induits par les vibrations, la déshydratation et les modifications de position occasionnées par les transitions. Au bout de quelques heures, il en résulte un véritable blocage digestif et/ou des diarrhées. Pour prévenir ces phénomènes, il est recommandé de :
- S’entraîner à consommer les aliments d’effort à l’entraînement dans la perspective de la compétition
- Pour le triathlète par exemple, consommer les aliments solides au début de la partie cycliste (tout en buvant de l’eau en parallèle), et éviter ceux-ci avant la course à pied
- Ne rien tester de nouveau en compétition sans l’avoir préalablement éprouvé à l’entraînement
Intolérance immunitaire
Le troisième type d’intolérance est relatif au système immunitaire. Ce type d’intolérance peut être qualifié d’allergie « à bas bruit », ce qui signifie qu’elle ne s’accompagne pas de manifestations spectaculaires mais perturbe l’organisme sur la durée.
Il apparaît de plus en plus clairement que la santé peut potentiellement être influencée de manière significative par ce type d’intolérance, se traduisant par des troubles ORL (rhino-pharyngite, sinusite, asthme…), gastro-intestinaux (ballonnement, diarrhée, nausée...), dermatologique (eczéma, urticaire, démangeaison, acné…) ou encore musculo-articulaires (crampe, douleurs …).
Chez le sportif, les intolérances alimentaires sont source de fatigue supplémentaire car le système immunitaire se voit être activé en permanence pour éliminer les aliments indésirables. Il en résulte un état inflammatoire chronique engendrant des difficultés à récupérer, des pathologies récurrentes et des difficultés pour s’entraîner efficacement.
Ce type d’intolérance est beaucoup plus complexe à identifier que les intolérances gustatives ou digestives. Pour cerner de tels phénomènes, il est nécessaire de procéder à des analyses sanguines dont l’objectif est de quantifier pour chaque type d’aliment les substances témoignant des intolérances (immunoglobulines G). Le test Imupro commercialisé par le laboratoire R-Biopharm permet ce type de dépistage.
Comment prévenir les intolérances alimentaires ?
La seule solution consiste à éliminer de l’alimentation la substance délétère. Le lait de vache, les œufs, et le gluten sont les principales sources d’intolérance alimentaire marquées mais il en existe potentiellement beaucoup d’autre.
En parallèle, il ne faut pas hésiter à couvrir ses besoins en probiotiques, en acides gras oméga-3, en vitamine C et en magnésium pour optimiser le fonctionnement intestinal et limiter l’ampleur des phénomènes inflammatoires.