trail-femmeIl n’y a pas plus de difficultés à pratiquer le trail pour une femme que pour  un homme. De plus, nous autres femmes, possédons un atout précieux qui est l’endurance.

La différence homme/femme est à la fois physiologique et psychologique. Nous pouvons vaincre ces différences, mais nous ne sommes toujours pas reconnues à notre juste valeur. Ceci est dû probablement au fait que nous sommes venues à ce type de sport beaucoup plus tardivement que les hommes, d’abord sur le marathon, puis sur le trail. Les écarts diminuent doucement grâce (probablement) à notre grande endurance, mais également au fait que nous sommes plus consciencieuses (et oui !!..)  et rigoureuses dans le respect d’un plan d’entraînement. Nous ne recherchons pas toujours la performance, du moins au début et nous  nous donnons le temps de réussir.

A l’UTMB 2013, sur 6000 coureurs toutes courses confondues  (CCC, TDS, UTMB),  on note le peu de féminines, environ 600 (10 %), et seulement 60 % d’entre elles ont terminé.  Quant au classement scratch, on trouve en 7e position, « Rory Bosto »   une féminine.  Et ce, pour la première fois depuis l’existence de cette épreuve.

Organisation

La principale difficulté réside, pour une mère de famille par exemple,  à se libérer pour s’entraîner ! Alors que le papa peut dégager du temps (le soir après le travail ou pendant ses jours de repos), la maman doit veiller avant d’aller s’entraîner, à ce qu’aucune faille ne subsiste dans l’organisation de sa journée !  Elle doit s’assurer que les enfants (petits quelquefois)  soient sous surveillance,  les devoirs faits,  le  repas prêt, etc…. Une journée de mère de famille est toujours bien remplie entre travail et maison, et si elle doit consacrer 1 à 2 heures à l’entraînement, c’est une réelle difficulté !  Il s’agit d’une organisation qui ne peut se faire qu’en harmonie avec sa famille.

Entraînement

Lors des entraînements ainsi qu’en compétition, filles et garçons courent ensemble, sur les mêmes distances, avec les mêmes enjeux.

Je conseille aux coureuses de privilégier le confort à l’esthétique dans leur tenue de course, ce qui va bien souvent à l’encontre de la féminité. Heureusement,  ces dernières années, certaines marques ont apporté beaucoup de soin et de créativité à l’élaboration de tenues féminines, ce qui n’était pas le cas au début des années 80…. où les filles devaient « se déguiser » en garçons pour pratiquer leur sport.

N’oublions pas que nous courons pour nous et non pas pour les autres…et  que rien  ne nous empêche, après une bonne douche, de se refaire une « beauté » avant de retrouver les amis… et peut-être même de « monter sur le podium » !

Le trail se pratique en pleine nature, c’est un espace de liberté accessible à toutes, et qui permet de s’évader des tracas de la vie quotidienne et du stress  (travail, famille, etc…)

Courir sur les sentiers de montagne est un réel bonheur pour celles qui aiment la faune et la flore et il n’est pas rare que l’on s’arrête pour observer la nature qui nous entoure, quel moment de quiétude et d’oxygénation, loin du tumulte de la ville !

Un  bémol, que l’on retrouve souvent chez les féminines  dans les courses d’Ultra ayant un fort pourcentage de dénivelé, c’est l’appréhension du vide.  Ce terrible vertige qui s’empare de nous et nous cloue au sol. Pour ma part, bien que courant depuis longtemps avec plus de 30 ans de compétition sur tous terrains et des milliers de kilomètres parcourus, je suis toujours soumise à ce handicap.

J’ai constaté que le fait de courir en compétition sur des terrains accidentés, pierreux et extrêmement pentus m’a donné plus de confiance en moi. Maintenant  j’ affronte  les passages délicats en regardant  droit devant moi, apportant une grande vigilance à la pose des pieds et évitant de tourner mon regard vers le vide.  Le fait  d’être en compétition, de suivre un groupe et de se concentrer sur sa course aide énormément à combattre le vertige.

A l’entraînement, il faut privilégier les courses en montagne (séjours), rando courses, travail du pied (proprioceptivité), et habituer nos pieds aux reliefs accidentés. Multiplier les courses en côtes ainsi que les descentes en pratiquant des répétitions de plusieurs séries.

– réaliser un gros travail de Préparation Physique Généralisée,

– pour renforcer les quadriceps (force, maintien de la rotule, etc…) faire des répétitions de chaise contre un mur (ou arbre) de 30” à 1′, suivies de course rapide en côte sur 100 m (répéter plusieurs fois, tout en augmentant progressivement le nombre de séries).

– faire des exercices de descente rapide en courant souple et relâché (cf article  « Descentes » WTS )

– ne pas négliger les assouplissements et le travail de gainage qui est primordial pour avoir une bonne ceinture abdominale,

  • travailler la course à pied et la vitesse afin de ne pas devenir « un diesel », faire des répétitions de séquences courtes à vive allure sur le plat et en côte,
  • pratiquer un sport porté en complément, (VTT ou vélo en danseuse par exemple) (cf article « Entraînement couplé course/VTT»,  WTS) rajouter une préparation en salle est complémentaire pour celles qui en ont le temps !.. (éternel problème).
  • s’entraîner en conditions course(tenue, chaussures,  sac à dos, alimentation).

 

Nutrition

Pour ce qui est de la nutrition en course, certaines féminines ont des difficultés à s’alimenter, elles ont dû mal à assimiler toute nourriture.  Il est préférable dans ce cas de  privilégier  les compotes en gourdes,   les gels, nougats, gâteaux salés  (type tuc), barres chocolatées et autres fruits secs…

Profitez de vos longues sorties en rando-course par exemple pour tester les aliments,  car rien de pire que d’ innover le jour de la course. Vous devez avoir la certitude que votre alimentation vous convient parfaitement afin de ne pas subir des désagréments le jour J.  Les courses longues entraînent des bouleversements organiques, autant s’assurer que votre estomac supporte bien ce type d’alimentation.

Prenez l’habitude de boire  3 à 4   petites gorgées  d’eau ou de votre préparation  toutes les 10′.

Enfin, n’omettez pas de faire pratiquer une analyse de sang complète deux fois par an en veillant  à l’apport de fer et de vitamine D  afin d’éviter les carences fréquentes chez les dames.

Article rédigé par Martine Delrieu,
Coach du réseau WTS,
https://www.wts.fr/martine-delrieu-coach-du-reseau-wts/
E-mail : martine.delrieu@wts.fr

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