Race Across France Ultra : Le témoignage de Charles-Antoine DULLIN

Race Across France Ultra : Le témoignage de Charles-Antoine…


La Race Across France (RAF) est une course d’Ultra cyclisme, qui a lieu tous les ans au mois de Juillet.
Les organisateurs proposent 5 épreuves, allant de 300 à 2600 kms. De nombreux sportifs WTS étaient au départ de cette course, en passe de devenir mythique. Entraîné par notre coach Sylvain Perreal, Charles-Antoine Dullin vient de terminer la Race Across France 500 kms. Il nous livre ici son témoignage.

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Q 🚲 1 – Bonjour Charles-Antoine, peux-tu te présenter en quelques lignes ?

J’ai 38 ans. Je suis originaire de Chambéry, où j’aime retourner pour m’entrainer dans les différents sports que je pratique: vélo, trail, ski de fond, ski de rando, alpinisme…
Je suis installé à Lyon depuis 4 ans pour des raisons professionnelles, mais je reste très attaché à ma ville d’origine.
Je pratique le vélo depuis très jeune. J’en ai fait en club en cadet, mais j’ai toujours préféré les défis personnels à vélo, aux courses club. Notamment, les défis d’endurance que j’ai commencés en trail sur des formats de 50 à 100kms. Cependant, mes genoux me rappelaient vite à l’ordre, alors j’ai décidé de me lancer dans l’ultra en vélo cette année, pour voir si ça allait me plaire, et voir ce que je pourrais faire.

 

Q 🚲 2 – Depuis combien de temps es-tu conseillé par WTS ?

J’ai commencé le coaching en Octobre 2020, suite à mon inscription à la Bikingman Corsica. La course devait avoir lieu fin Avril 2021. Or, comme je coupe le vélo en hiver d’habitude, j’ai préféré être conseillé par un expert pour planifier mon hiver, afin de faire ce premier ultra de ma vie.
Le Bikingman a finalement eu lieu début Juin, ce qui m’a permis de parfaire ma préparation.

 

Q 🚲 3 – Qu’est-ce que cela t’apporte concrètement ?

J’ai l’impression d’avoir appris une nouvelle manière de m’entrainer. Tout d’abord, le fait d’avoir un entrainement structuré et personnalisé, basé sur mon évolution, mes envies et mes disponibilités est un vrai plus. Je suis un touche-à-tout en sport, et je ne veux pas faire que du vélo, même si mes objectifs étaient en vélo. Sylvain l’a très bien compris, et lorsque j’avais envie d’évasion dans d’autres sports, il a toujours su adapter mon planning à mes envies, ce qui est primordial pour mon envie et ma motivation.
Je retrouve aussi dans l’entrainement planifié, la nécessité de respecter ce qui m’est demandé. Malgré les conditions climatiques compliquées de cet hiver, de ce printemps, et même de cet été, avoir un planning d’entrainement force à sortir faire l’entrainement prévu sous la pluie, la neige ou dans le vent ; alors que parfois je serais bien resté au chaud !
Enfin, cela m’apporte une nouvelle manière de m’entrainer, je veux parler des entrainements à basse intensité qui représentent 80% à 90% de mes entrainements, et 10% à 20% de spécifique. Avant c’était plutôt l’inverse. J’aimais bien me tirer la bourre avec mes potes dans des cols ou lors de sorties très intenses. Il me semblait qu’une bonne sortie était une sortie difficile, et que la progression passait par là. Mais j’avais souvent des trous d’air dans mon année et dans ma progression, voire des blessures, ce qui n’a jamais été le cas cette année. Rentrer d’une sortie de 5h en endurance en se sentant prêt à en faire 5h de plus si besoin, c’était une sensation que je ne connaissais pas vraiment et que j’ai découvert cette année. 

 

🚲 4 – Tu as récemment participé à La Race Across France (RAF) 550km, peux-tu nous raconter les moments forts de ta course ?

Quel chantier cette course pour moi en termes de sensations! J’ai alterné “le pas bon”, avec “le mieux”. Probablement à cause des conditions météo: chaud et très lourd au départ.

La course fait 550kms pour 9000m de D+ entre Mandelieu-la-Napoule sur la Côte-d’Azur, et Saint-Jean-en-Royans dans le Vercors, en passant par le Verdon, le Luberon, le Ventoux, la Drôme provençale, et le Vercors. C’est une course assez “roulante”. Il y a des vrais montées dures et raides, mais aussi des grandes sections très roulantes entre ces montées. Mon objectif de départ, terminer cette course. Mais je m’étais fixé comme objectif de chrono 27h.

Mon départ avait lieu à 9h18m30”. Chaque participant partait par intervalle de 30 secondes. La course commence par 50kms de montée, pour passer du niveau de la mer à Mandelieu-la-Napoule, jusqu’à 1500m sur les hauteurs de Grasse. Tout de suite, je me sens un peu suffoquer. Le cardio s’emballe, les jambes me semblent un peu lourdes, et je perds des litres de transpiration. Pourtant je double beaucoup de concurrents qui sont partis avant moi. J’essaie de bien m’hydrater et de profiter des paysages, mais je comprends vite que cette journée va se faire dans la souffrance, notamment parce que je n’arrive pas à m’alimenter. 
Les kilomètres passent dans la souffrance, mais les paysages sont splendides. Mes proches et Sylvain me disent que j’avance bien, pourtant mes sensations sont très différentes. Heureusement, le Coca sera mon allié pour passer cette journée. 
Mon objectif change un peu à cause de ces problèmes d’estomac. Je me fixe le pied du Ventoux comme objectif pour savoir si je peux continuer ou pas. Je double plus que je me fais doubler, ce qui est bon pour le moral.
L’arrivée a lieu à Carpentras au Bed & Bike, où j’ai pu laisser un sac d’affaires chaudes pour la nuit, et au cas où le temps ne serait pas de le partie. Finalement, je n’aurais besoin de rien sauf de mes manchettes. Il fait nuit, un peu plus frais. Je me force à manger un repas prévu par la course à base de chips, de pates et d’un Coca, mon sauveur!!!
Je regarde le classement, et je suis 14ème, ce qui n’est pas si mal. Je prends donc la décision que la montée du Ventoux sera le juge de paix.
 
La deuxième partie de la course commence pour moi dans le Ventoux, avec enfin le retour de sensations bien meilleures. Le cardio se calme, et me voilà dans mon élément: une belle montée, raide et difficile. Je vais doubler pas moins de 40 personnes dans cette montée. Beaucoup de coureurs engagés sur la RAF1100, mais aussi certains de la RAF500. Je me sens mieux, les jambes répondent bien et le Ventoux est finalement avalé en 1h53 minutes avec 330kms dans les jambes déjà. Pas si mal, moi qui me posais la question de savoir si je devais continuer quelques heures auparavant.
Dans la descente de nuit, la fatigue arrive et je somnole un peu. C’est pas vraiment la meilleure des choses à faire dans une descente rapide. Du coup je me fais peur dans quelques virages, et prends la décision de faire une sieste entre Malaucène et Vaison la Romaine, au pied du Ventoux.
Je n’arrive finalement pas à dormir, mais je me suis allongé 30 minutes sur le banc d’un arrêt de bus.

Je repars en me sentant mieux, moins fatigué. Il fait frais et j’aime beaucoup rouler la nuit, donc je prends du plaisir à avancer. La fatigue revient en fin de nuit, il est 5h30 et je refais une pause sieste. Je m’endors pour 20 minutes devant une petite superette dans un village dont je ne me souviens plus le nom. Ne jamais oublier de mettre un réveil d’ailleurs!!! Je suis réveillé quelques minutes avant que mon réveil sonne par 2 employés de la supérette qui viennent l’ouvrir. Il est 6h, le jour se lève et je repars. J’ai dormi sur un carton dégueulasse, donc je suis moi même dégueulasse!!!

Sur le plat avant d’arriver au pied du Vercors, je rejoins un autre concurrent de la RAF500. Il est parti 12 minutes après moi de Mandelieu, donc il est devant moi au classement. On roule un moment ensemble, on fait un arrêt petit-dej dans une boulangerie et on rejoint une fille qui fait la RAF2500,  avec assistance en binôme avec son copain.

Les jambes tournent bien donc je décide de me séparer de mon compère de la RAF500, avec pour objectif de finir 12 minutes devant lui à Saint-Jean-en-Royans! J’ai retrouvé mes jambes et mon esprit de compétition.

Arrivée à Die pour les dernières difficultés de la journée. L’avant-dernière montée, le col de Rousset est long mais facile. Je monte bien, mais mes pieds brûlent un peu. Il faudra d’ailleurs un jour que je trouve une solution à ce problème. Je bascule au somment, direction le col de la Chau, dernière difficulté du parcours avant une grande descente sur Saint-Jean-en-Royans. Ca commence à sentir bon l’écurie!
Là encore je monte bien, et je rejoins dans la monté un autre concurrent de la Race Across France 500 parti lui aussi après moi. On finit la montée ensemble, et on ne se lâchera pas jusqu’à l’arrivée.
Je passe la ligne en 25h52, en 13ème position avec un sentiment mitigé. Heureux d’en avoir fini, mais déçu d’avoir connu une première journée très difficile.

 

🚲 5 – Quels sont tes objectifs sportifs dans le futur ?  

Je ne me suis pas encore réellement fixé d’objectifs pour le moment. J’ai découvert l’ultra cette année, et je prends du plaisir dans ce format. J’ai fait la Bikingman Corsica, j’ai fait le défi de l’Omomarto en moins de 24h, la Race Across France 500 et l’Inferno Race le week end dernier. Je ne sais pas encore si je referais une course cette année, mais l’idée de faire les 7 majeurs en moins de 24h sans assistance, me trotte dans la tête. A voir…

 

🚲 6 – Quelle est ta recette pour trouver l’équilibre entre tes projets sportifs et le reste (famille, travail, études…) ?

J’ai la chance de travailler dans un secteur sinistré par le Covid: l’aéronautique. Du coup je bosse à 80% depuis 1 an, ayant mes vendredis en chômage partiel.
Cela m’a permis notamment de structurer les entrainements longs sur des week ends de 3 jours, ce qui je pense est bénéfique.
Je suis un lève tôt, même le week-end. Donc j’aime bien partir m’entrainer le matin, surtout quand les beaux jours reviennent le week-end. Ca laisse du coup le reste de la journée pour profiter des amis et de la famille.
La semaine, je demande à Sylvain de ne faire que des entrainements courts, que je peux réaliser pendant ma pause déjeuner.
Et puis, j’ai besoin de sport dans mon équilibre de vie. Sans sport, j’ai l’impression de tourner en rond. Ca fait donc partie de mon équilibre.

 

🚲 7 – Pour terminer, aurais-tu 1 CONSEIL à donner à un sportif amateur qui souhaiterait se lancer dans un défi d’ultra ?

Je dirais qu’il faut surtout s’écouter. Au cours d’un ultra, on passe par plein de phases : des moments de doute, et des moments où on se sent bien. Des terrains qui nous plaisent, et d’autres moins. Ce n’est pas parce qu’on n’est pas bien à un moment, qu’on ne se sentira pas mieux plus tard. Il faut donc faire le dos rond et être patient.

 


L’oeil du Coach – Sylvain Perreal

 

“Charles-Antoine est athlète tout terrain, capable de performer dans plusieurs disciplines sportives.
Pour continuer à progresser, Charles-Antoine doit gagner en vélocité 
 “

 

Quelques statistiques 
✓  Km depuis janvier : 9500 kms
✓  Chrono Race Across France 500 : 544 kms et 8450m D+ en 22h30′, soit 13ème / 145
✓  Puissance moyenne : 153w
✓ FTP : 298 watts
✓  FC moyenne : 140 bpm


Pour aller plus loin 

Contactez Sylvain (ou un autre coach WTS) via notre formulaire de contact disponible ici

• Lire le Témoignage d’Alexandre Bourgeonnier / 2nd de la Transcontinentale Race 2015

• Lire l’article de synthèse Ultra cyclisme : secrets de préparation

• Quelques épreuves d’ultra, à préparer avec WTS : 
       → Les Bikingman de notre ami Axel Carion,
       → Les Gravelman de notre ami Stéven Le Hyaric 
       → La Race Across France  
       → Les mythiques Paris-Brest-ParisTranscontinentale Race  ou Race Across America


 

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