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Too much sugar Nutrition (alimentation, dietetique..)

Le Sucre : allié ou ennemi des sportifs ?

Le sucre est de plus en plus présent dans notre alimentation, la consommation ne cesse d’augmenter. En France, la consommation de sucre est en moyenne de 35kg de sucre par an par personne, soit 100g par jour ! 
En parallèle, la prévalence de certaines maladies modernes ne cesse d’augmenter (obésité, diabète), posant de véritables problèmes de santé publique. D’ailleurs, il semble exister une corrélation entre complications liées au COVID-19 et consommation de sucre… les Etats-Unis en sont l’exemple parfait. 

En sport, l’avènement des boissons énergétiques sucrées a permis de repousser les limites des performances physique en endurance mais est-ce réellement bon de consommer tant de sucre ?

Préambule sur la notion d’Index Glycémique
La notion de « sucre » sous entend généralement glucide à index glycémique élevé (saccharose, glucose…). L’index glycémique est une échelle de 1 à 100 qui permet de classer les aliments glucidiques selon leurs influence sur le taux de glucose dans le sang, la glycémie. Le glucose est le sucre qui apporte l’indispensable énergie dont ont besoin certains organes vitaux comme le cerveau. Au repos, notre organisme régule en permanence la glycémie entre 1 et 1.1 g/litre avec l’aide de l’insuline (hypoglycémiante) et du glucagon (hyperglycémiante).

Le glucose génère une élévation très rapide de la glycémie, laquelle est sous le contrôle de l’insuline. L’index glycémique d’un aliment est donné par rapport à un aliment de référence, généralement le glucose pur, auquel on attribue l’indice 100. A l’opposé de l’échelle, le fructose (indice 10) n’induit qu’une élévation faible de la glycémie. En savoir plus sur le site la Nutrition 

La charge glycémique permet d’évaluer l’impact de la quantité de sucre sur la glycémie. Ainsi, plus on mange une quantité importante de sucre, plus la charge glycémique est élevée, plus la glycémie s’envole ! 

Il existe donc un lien étroit entre charge glycémique, élévation de la glycémie et sécrétion d’insuline.

POUR

De très nombreuses études scientifiques montrent que la consommation de « sucres » (saccharose, glucose, fructose…) permet de repousser les limites comparativement à la consommation d’eau seule, notamment en permettant l’épargne du glycogène musculaire véritable supercarburant (1).

La consommation d’une alimentation riche en sucre (glucides) est donc devenue indissociable de toute performance en endurance que ce soit avant, pendant ou après l’effort.

CONTRE

L’augmentation de la consommation de sucre est en partie responsable du développement de nombreuses pathologies modernes (2) telles que le syndrome métabolique (obésité), le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires, les cancers… Dans son livre intitulé, “Ces glucides qui menacent notre cerveau“, le Dr Perlmutter évoque même un lien étroit entre consommation de glucides et maladies neurologiques (dépression, alzheimer, parkinson).
L’effet pro-inflammatoire des « sucres » est un paramètre incontournable de l’équation. En parallèle, la sédentarité joue un rôle tout aussi important dans la genèse des pathologies en question. Partant de ce constat, il apparaît légitime d’être vigilant chez les sportifs.

Le Sucre : allié ou ennemi des sportifs ?

CONSENSUS

Une étude récente menée par une équipe allemande sur des chauves-souris montre que ces mammifères peuvent vivre avec des glycémies « records » du fait d’une très haute activité physique (3). Il apparaît donc que c’est surtout la sédentarité couplée à une surconsommation de sucre qui engendre les problèmes.

Chez le sportif qui s’entraîne régulièrement, la probabilité d’apparition de problèmes d’obésité ou de diabète est relativement faible. Cependant, la surconsommation de sucres ou de glucides raffinés (pain, pâtes blanche) au détriment des végétaux source d’amidon (pomme de terre, céréales légumes secs…) engendre des déséquilibres nutritionnels (carences en micro-nutriments).

Cependant, il existe un certain nombre de questions en suspens

  • Chez le sportif, la forte consommation de sucre ne nuit elle pas à l’intégrité de la membrane digestive ?
  • Chez le sportif, la forte consommation de sucre peut-elle engendrer des problèmes de diabète ou de cancer sur le long terme ?

En pratique

  • Eviter les sources de sucre en dehors des situations d’effort physique, a fortiori si vous cherchez à perdre de la masse grasse. Est-il utile de boire des sodas, des jus de fruits ou des smoothies ? La réponse est NON…
  • Attention au sucre “caché” dans les plats tout prêts, les biscuits, les compotes… bref tous les aliments industriels   
  • Ne consommez une boisson énergétique glucidique que lors des séances où l’effort est long et/ou intense. Buvez de l’eau lors des séances courtes et peu intensives.
  • Avant l’effort, privilégiez les glucides à faible index glycémique.
  • Pendant l’effort, utilisez une boisson glucidique.
    • La boisson idéale doit contenir un mélange de glucose, maltodextrines et fructose. En compétition, il ne sert à rein de consommer plus 50-70g de glucides/heure, soit une concentration moyenne de 3% s’il fait très chaud, et 8% s’il fait froid.
    • Se rincer la bouche à l’eau après l’absorption de glucides pour prévenir le développement des caries.
    • Même si la sécrétion d’insuline est normalement nulle lors d’un effort physique, il n’est pas rare de constater que certains athlètes souffrent d’hypoglycémie réactionnelle plus ou moins marquées après avoir consommé des produits à index glycémique élevé. Il s’agit souvent d’un problème d’hypersécrétion (hyperinsulinisme) ou de d’expression marqué des récepteurs à insuline. Dans un tel cas de figure, il faut privilégier des boissons plus riches en fructose (faible IG). 
  • Après l’effort, utilisez une boisson de récupération apportant glucides et protéines, ou consommez un repas de récupération. Dans la phase de récupération post-effort, la consommation raisonable de sucre est possible.

COVID-19

En période d’épidémie, il est important de réduire sa consommation de sucre car il semblerait qu’il y ait un lien étroit avec l’immunité. En outre, cela contribuera à limiter la prise de masse grasse, toujours préjudiciable pour la condition physique et la performance.

 

CONCLUSION

Partant du principe de base reste que si on s’entraîne beaucoup on peut (presque) tout se permettre en matière d’alimentation, il est bon de se remémorer que c’est la dose qui fait le poison (Paracelse, père de la toxicologie).

Le sucre est utile aux sportifs d’endurance du fait de la forte dépense énergétique … mais il convient d’adopter une certaine modération quant à l’utilisation des compléments glucidiques qui sont proposés par les innombrables marques sur le marché.
Il nous semble judicieux d’adopter le crédo « Mieux vaut un peu moins que un peu trop » en matière de consommation de sucre… en particulier en période de viralité importante.

 

Par Jean-Baptiste Wiroth – PhD
Fondateur de WTS – The Coaching Company


Références scientifiques
1-Carbohydrate ingestion during prolonged exercise: effects on metabolism and performance. Coggan AR, Coyle EF. Exerc Sport Sci Rev. 1991;19:1-40.
2-Sugar-sweetened beverages and risk of metabolic syndrome and type 2 diabetes: a meta-analysis. Malik VS Diabetes Care. 2010 Nov;33(11):2477-83.
3-High activity enables life on a high-sugar diet: blood glucose regulation in nectar-feeding bats. Kelm DH, Simon R, Kuhlow D, Voigt CC, Ristow M. Proc Biol Sci. 2011 Apr 13.
4-Race-day carbohydrate intakes of elite triathletes contesting olympic-distance triathlon events. Cox GR, Snow RJ, Burke LM. Int J Sport Nutr Exerc Metab. 2010 Aug;20(4):299-306.


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Entrainement (physio, conseils, coaching..)

Addiction au sport : et vous ?

 

Addiction au sport : le vélo est un sport très addictif !
Addiction au sport : le vélo est un sport très addictif !

Addiction au sport.
Pour un certain nombre de sportifs d’endurance, la pratique (très) régulière est une véritable « drogue », source de plaisir et de bien-être… mais aussi de problèmes connexes. Dans les cas les plus extrêmes, l’entraînement excessif peut être comparé à une véritable addiction, comme pour les drogues, l’alcool ou le tabac. Le phénomène d’addiction est alors source potentielle de fatigue chronique, de blessures et d’états pathologiques.

Le sport n’est alors plus synonyme de bien-être et de santé, mais plutôt « d’auto-destruction » à petit feu.

Comment caractériser la dépendance ?

Parmi l’ensemble de la population des sportifs d’endurance, divers degrés de dépendance peuvent être observés. Chez les sportifs sujet à une addiction forte, les symptômes sont l’incapacité à se reposer, la maigrtriathlon-femmeseur extrême, la fragilité immunitaire, l’éventuelle stagnation ou diminution des performances, ainsi que des troubles psychologiques (anorexie notamment). Chez ces sujets, l’entraînement devient compulsif, il devient une fin en soi plutôt qu’un moyen pour atteindre un objectif précis.
Bien entendu, il existe autant d’état “intermédiaire” que de sportif… les addictions au sport modérées sont de saines addictions dans la mesure où cette pratique sportive régulière se traduit par une bonne forme, et contribue à minimiser la prévalence des maladies chroniques (obésité, diabète, hyper-tension artérielle, cancer, dépression… ).
Selong le Dr Delong : “La dépendance apparaît au moment où malgré la pratique, il y a une frustration. Elle existe donc chez les amateurs, car ce sont souvent eux qui ne trouvent pas de satisfaction dans leurs performances.” Lire son interview ici 

-> Tout est donc encore une fois question de dose, car c’est la dose qui fait le poison !

Les hypothèses explicatives à l’addiction au sport

Diverses hypothèses sont avancées par les spécialistes pour expliquer l’état de dépendance à l’effort physique.
Les sportifs en question peuvent être à la recherche d’un mécanisme de régulation :

  • De leur humeur. Selon les scientifiques à l’origine de cette théorie, il existe deux types de sportifs : les sportifs « négatifs » qui pratiquent pour réduire leur état de stress, et les sportifs “positifs” qui pratiquent pour augmenter la sensation de bien-être. L’hypothèse de la régulation de l’humeur postule que l’entraînement augmente l’humeur positive (on pratique pour augmenter la sensation de bien-être), et réduit l’humeur négative (on pratique pour réduire son état de stress). Une autre étude a ainsi montré que des coureurs à pied bien entraînés souffrent d’anxiété, d’irritabilité, de culpabilité, de dépression, et de symptômes douloureux lorsqu’ils sont dans l’impossibilité de s’entraîner.
  • De l’image de soi. Il a ainsi été mis en évidence que les personnes présentant une addiction pour le sport présentaient des traits de personnalité identiques aux personnes souffrant d’anorexie. La dépendance aux sport d’endurance peut ainsi s’accompagner d’anxiété, d’état dépressif, voire de troubles alimentaires. Elle se traduit bien souvent par des troubles psychologiques et par des modifications délétères de la composition corporelle (maigreur extrême, perte de masse musculaire).
  • De l’état d’éveil. La pratique régulière d’une activité sportive favorise très nettement la sécrétion hormonale, en particulier de catécholamines (hormones activatrices : dopamine, adrénaline, noradrénaline).
    L’entraînement compulsif serait donc un moyen de maintenir la production de catécholamines, phénomène qui permet de rester en état d’éveil maximal.
  • De la production d’endorphines. La sécrétion massive d’endorphines met le sportif dans un état d’euphorie et d’extase. En outre, les endorphines ont aussi un rôle anxiolytique, antalgique, et anti-fatigue. Les sportifs en état de dépendance vis-à-vis du vélo seraient donc aussi à la recherche du bien-être que procurent les endorphines.
  • De la production de cytokines. Une récente hypothèse basée sur la production de cytokines semble faire le lien entre les hypothèses précédentes en mettant en évidence la spirale négative qui conduit les sportifs à pratiquer toujours plus. En effet, l’exercice physique se traduit systématiquement par une sécrétion massive d’interleukine-6 (IL-6) qui influence fortement l’activité neuronale du cerveau et par conséquent le comportement. Il a ainsi été montré que l’injection d’IL-6 induit une élévation de l’état de fatigue, une incapacité à se concentrer, des perturbations du sommeil, et un véritable état dépressif. Les sportifs pratiquant le vélo de manière compulsive se trouveraient donc dans un pseudo état maladif qui les inciteraient à s’entraîner encore plus pour évacuer le stress, retrouver un certain bien-être, produire des endorphines… L’hypothèse de la production de cytokines expliquerait le véritable cercle vicieux dans lequel sont engagés ces sportifs.

Quelles conséquences d’une addiction au sport ?

Sur le plan physiologique, les conséquences se traduisent par les symptômes précédemment cités : maigreur extrême, fragilité immunitaire, et/ou diminution des performances.
Sur le plan psychologique, l’anorexie nerveuse semble être la pathologie la plus fréquente.
Sur le plan social, l’addiction peut se traduire par un phénomène d’isolement, de désocialisation, voire de marginalisation.

Comment traiter le problème ?

L’étape initiale consiste à ce que le sportif prenne conscience du problème. Le recours à un coach, un médecin, voire un psychologue semble être indispensable pour répondre à la problématique des cas les plus complexes. Le traitement de base consiste à se reposer de manière plus ou moins active. Pour les sportifs les plus « atteints » ayant probablement des difficultés à couper complètement, il semble important de proposer un programme d’entraînement adapté, couplé à un suivi médical et nutritionnel.
Dans un second, temps le recours aux compétences d’un psychologue semble être inéluctable pour tenter de traiter les causes profondes du problème.

Par Jean-Baptiste Wiroth – PhD
Fondateur de WTS


Lexique

Cytokines : famille de molécules sécrétées par les globules blancs (cellules qui interviennent dans l’immunité cellulaire) et les macrophages (cellules de défense de l’organisme chargées d’absorber les particules étrangères), impliquées dans la régulation des réponses immunitaires

Endorphines : famille de molécules libérées par le cerveau (hypothalamus et hypophyse) pendant et après l’exercice physique. Cette morphine endogène (produite par l’organisme) possède une structure moléculaire proche de celle des opiacées. Une fois sécrétée, elle se disperse dans le système nerveux central, les tissus de l’organisme, et le sang.


Bibliographie
Psychobiological Mechanisms of Exercise Dependence. Hamer M. and Karageorghis CI. Sports Med 2007; 37 (6): 477-484


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