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Témoignages

Cyclisme ultra distance : Le témoignage post-RAF de Mathilda…


La Race Across France (RAF) est une épreuve de cyclisme ultra distance, qui a lieu tous les ans au mois de Juillet.
Les organisateurs proposent 5 épreuves, allant de 300 à 2600 kms. 
De nombreux sportifs WTS étaient au départ de cette course, en passe de devenir mythique. Entraînée par notre coach Sylvain Perreal, Mathilda Olié vient de participer à la Race Across France, 330. Elle nous livre ici son témoignage.

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Q 🚲 1 – Bonjour Mathilda, peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Bonjour! J’ai 30 ans, je suis originaire de Nantes, mais je vis maintenant sur la côte basque depuis 6 ans. Je fais partie des équipes de conception de Decathlon, donc j’ai la chance d’évoluer dans un environnement propice pour pratiquer de nombreuses activités sportives (surf, rando, vélo..). Je me suis lancée dans le vélo de route il y a environ deux ans, avec pour objectif de faire quelques triathlons ; puis dû à des petits soucis de genoux, je me suis recentrée sur l’eau libre et le vélo de route principalement. Je profite maintenant de cette activité pour continuer de découvrir cette belle région qu’est le pays basque

 

Q 🚲 2 – Depuis combien de temps es-tu conseillée par WTS ?

Je suis conseillée par Sylvain depuis janvier 2021, afin de préparer la RAF format 330km. Je l’ai sollicité car je souhaitais mettre toutes les chances de mon côté pour finir la course, et progresser en cyclisme ultra distance.

 

Q 🚲 3 – Qu’est-ce que cela t’apporte concrètement ?

Le coaching m’a permis d’avoir un cadre clair d’entraînement, car je partais de zéro. Je roulais régulièrement, mais sans savoir comment gérer mon effort. Sylvain a donc adapté ses plans d’entraînements pour coller à mon niveau, mes disponibilités, et mes ambitions. Le coaching m’a permis de comprendre comment construire ma préparation en vue d’une course de cyclisme ultra distance, type de course que je n’avais jamais appréhendé jusqu’alors. Aussi, il a tenu compte de mes impératifs et de mes états de forme, pour que je puisse prendre du plaisir au maximum. Je me suis découverte un mental d’acier, rouler régulièrement entre 8 et 10h plusieurs weekends d’affilés sans broncher.  Donc un cadre clair avec une base solide pour progresser en vélo de route, et atteindre mon objectif tout en ne négligeant pas la stratégie de course, et les moments de récupération. 

 

🚲 4 – Tu as récemment participé à La Race Across France 330km, peux-tu nous raconter les moments forts de ta course (positifs/négatifs) ?

Je me suis inscrite pour une course en trio, donc j’ai vécu ma course avec mon frère jumeau Charlélie (triathlète), et Romain super coureur/cycliste/joueur de flipper. J’avais de toute façon prévu de faire la course avec ou sans eux, mais du coup leur présence a égayé mon vécu de course. 

Pour résumer:

– un départ parmi les derniers participants au format 330km, sous un soleil de plomb à 12h30. Après 30 min de route, déjà besoin d’une pause pipi, sûrement trop excitée après avoir attendu si longtemps pour partir, et à la fois terrifiée de faire une insolation. Peu importe, nous voilà repartis, le cardio explose à chaque montée de nos premiers 100km, donc je fais mon maximum pour essayer de me calmer et rester sur mon rythme habituel. On essaye d’optimiser un peu nos arrêts et notre manière de rouler pour être les plus efficaces. Ces premiers 100km sont durs, il fait chaud, mais ma copine Camille (déjà finisheuse l’an dernier) m’avait bien briefée, donc je ne m’inquiète pas, je sais que ce sera bientôt passé. Je ne souffre pas tant que cela de la chaleur, ni de l’accumulation de dénivelé, donc je me dis déjà que c’est un bon témoin sur mon état de forme. Nous remontons pas mal de concurrents en duo ou solo déjà, ça nous motive à garder un rythme soutenu, mais toujours calé sur moi pour ne pas exploser et tenir la distance. Une petite crevaison de Romain, et nous voilà repartis. Nous roulons jusqu’à Castellane pour notre premier gros stop pour manger, et c’est parti pour les gorges du Verdon. Les paysages sont magnifiques, par contre je suis surprise de ramasser encore beaucoup de D+, je pensais que la route serait plus plate, mais ce n’est pas du tout le cas 😉 j’ai toujours la forme jusqu’à 22H, puis je serre les dents, jusqu’à notre pause vers minuit à Forcalquier, deux heures en pilote automatique, pas trop de plaisir. Quand on s’arrête, je me demande ce que je fais là, je me dis qu’il nous reste encore beaucoup de chemin, mais de toute façon je veux terminer la course. Heureusement, Romain est là pour me booster afin de ne pas rester trop longtemps arrêtée, ni me refroidir. Mon frère commence à avoir très mal aux genoux, mais de mon côté, le moral et la forme sont de retour, je roule les yeux grands ouverts toute la nuit. Vers 3h du matin, nous croisons mes parents dans le village de Gordes, je suis étonnée et heureuse de les voir au bord de la route. Mes coéquipiers sont moyennement en forme, Romain s’endort, Charlélie souffre des genoux, mais pour moi tout va bien, donc j’ai le smile ! Nous voilà repartis vers le col de murs, puis on commence à tous se sentir en sous régime jusqu’à Bédoin. Je connais bien la route, j’ai roulé en mai sur le même parcours donc je sais que la route est encore longue de Venasque jusqu’à Bédoin. On décide de ne pas s’arrêter à la base de vie, et de filer directement sur Bédoin ; on roule un peu sans énergie, mais on voit enfin le Ventoux et le jour se lever, la fin nous paraît plus proche 😉 Je n’oublie pas de rappeler à mes compères de manger toutes les 30 min, pour ma part j’alterne entre gourdes salées et gâteaux de riz (testés bien sûr avant et pendant ma prépa, sous les conseils de Sylvain), je commence à faire une overdose, mais je sais que si je ne mange pas, j’exploserais dans le Ventoux, donc je me force. Nous voilà à Bédoin, mon frère ne sait pas s’il va arriver en haut, mais c’est parti, chacun à son rythme, car tous avec des développements différents donc ils partent devant, et je monte le Ventoux jusqu’au chalet en solo. J’ai les jambes en feu, je passe devant un espace de pause dans la forêt où je m’étais déjà arrêtée en mai, mais je sais que je suis encore loin du chalet et surtout je ne suis pas sûre de pouvoir repartir si je m’arrête donc je serre les dents et je décide de ne pas m’arrêter. Des cyclistes devant moi montent en zigzag, tout le monde est entamé c’est rassurant 😉 je double quelques personnes tout de même, puis je vois le panneau “4,6km jusqu’au chalet”, je pensais être presque arrivée, donc petit coup de massue sur la tête, je commence à pleurer d’épuisement mais je continue à appuyer sur les pédales. Je me ressaisis car la crise d’asthme commence à me gagner donc je me calme et je vois les copains au chalet. Je pleure une dizaine de minutes, je bois un petit orangina et nous repartons, je sais que mes parents m’attendent et je suis si proche du but que ça me motive. Je retrouve mes compères devant les fanions de RAF, nous décidons de monter jusqu’au sommet, puis de terminer officiellement cette belle épopée 😉 Trop heureuse que nous soyons FINISHERS !

 

🚲 5 – Quels sont tes objectifs sportifs dans le futur ?  

Je souhaite continuer à progresser en vélo de route, donc rouler, mais sur des plus petites distances, le cyclisme ultra distance demande beaucoup d’investissement et de préparation, donc je pense m’orienter sur des efforts plus courts, moins traumatisants aussi pour le corps 😉

 

🚲 6 – Quelle est ta recette pour trouver l’équilibre entre tes projets sportifs et le reste (famille, travail, études…) ?

Comme dit dans la question, tout est question d’équilibre 😉 réussir à garder du temps pour soi, ne pas se forcer si vraiment le moral et l’état de forme ne sont pas au rdv, il faut s’écouter et surtout se rappeler pourquoi on fait tout ça ! 

 

🚲 7 – Pour terminer, aurais-tu 1 CONSEIL à donner à une sportive qui souhaiterait se lancer dans un défi d’ultra ?

GO GO GO !! Il faut expérimenter une course, et se préparer au mieux. De mon côté, j’ai aussi souhaité prendre un coaching pour me rassurer et me dire que physiquement je serais prête, et que la seule difficulté serait dans la tête! Le format 330km est top pour goûter au cyclisme ultra distance 😉

Merci WTS et Sylvain pour l’accompagnement jusqu’à la course 🙂

 


L’oeil du Coach – Sylvain Perreal

 

” Mathilda est une athlète multisports, voulant découvrir de nouvelles expériences sportives. Elle est débutante en cyclisme ultradistance, mais sa motivation lui a permis d’accomplir de très belles choses. 

Ses axe de progression : le travail de la force pure, et l’accumulation de Dénivelé positif pour acquérir le pédalage nécessaire en grimpée de cols “.

 

Quelques statistiques 
✓ 330kms
17h28 de roulage
 5770m+
✓ Du km0 au km165 : FC moy. 149 / cad. moy. 74. 
✓ Du km 165 au km 330 FC moy. 127 / cad. moy. 70.


Pour aller plus loin 

Contactez Sylvain (ou un autre coach WTS) via notre formulaire de contact disponible ici

• Lire le Témoignage d’Alexandre Bourgeonnier / 2nd de la Transcontinentale Race 2015

• Lire l’article de synthèse Ultra cyclisme : secrets de préparation

• Quelques épreuves d’ultra, à préparer avec WTS : 
       → Les Bikingman de notre ami Axel Carion,
       → Les Gravelman de notre ami Stéven Le Hyaric 
       → La Race Across France  
       → Les mythiques Paris-Brest-ParisTranscontinentale Race  ou Race Across America


 

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