Étiquette : vélo

Témoignages

Les Cinglés du Ventoux pour le Point rose

Les cinglés du Ventoux pour le Point rose

Les Cinglés du Ventoux est un défi qui consiste à gravir les 3 faces du Mont ventoux en moins de 24h. C’est même un club virtuel qui rassemble plus de 10.000 membres venus du monde entier, pour se confronter au Géant de Provence !

Petit retour en arrière sur notre défi

J-7 : Je décide de planifier une dernière belle sortie avec le Col de Vence pour tester ma forme, faire un peu de dénivelé, et voir où j’en suis en terme de puissance. Avec un chrono de 34’15” dans le Col de Vence, je suis rassuré car je ne suis pas très loin de mon record de l’année.

J-3 : Je fais une dernière séance en allant à Monaco à vélo, pour animer une séance de sport en entreprise 

J-2 : Repos

J-1 : Nous partons pour le Ventoux afin de retrouver nos stagiaires venus de Paris et Monaco. Après une petite visite chez Bedoin Location (bike shop tenu par Olivia, une de mes toute première sportives), nous voila prêts pour la séance d’activation qui nous mène de Bédoin à Malaucène, puis aux dentelles de Montmirail (voir parcours sur Strava).
Au final, nous avons fait 40km pour 1h47, par une température fraiche (10-12 degrés). Cela commence à sentir l’automne !


J 0 : Après une nuit réparatrice chez Bed and Bike à Venasque, nous retrouvons Marc, Izso, et Luis, à 8h30 à Bedoin pour le départ du défi. Malheureusement, une crevaison sur un boyau nous fait perdre pas mal de temps… Ce ne sera qu’à 9h30 que nous nous élancerons vers la première ascension du jour : le Mont Ventoux par Bédoin. Je me sens barbouillé, aussi je pars très prudemment. A quelques kilomètres du Chalet Reynard, je suis rattrapé par 3 jeunes cyclistes, dont un de la réserve de l’équipe AG2R-La Mondiale, je prends leurs roues et me laisse emmener jusqu’au Chalet Reynard. Malgré la température frigorifique (7 degrés !), je me sens un peu mieux. Les 6 derniers kilomètres sont réalisés avec Izso Fast (un de mes sportifs), à un bon rythme … mais qu’est ce qu’il fait froid !
Au sommet, je rentre immédiatement dans le camion d’assistance pour me changer presque complètement. Après une collation, nous faisons une première photo de groupe avec le drapeau de l’association Le point rose, pour qui nous roulons aujourd’hui.
Après une longue descente vers Malaucène, nous faisons un stop dans un café pour nous  changer et nous ravitailler. Après une demi-heure de pause, nous repartons afin de gravir le Mont Ventoux pour la seconde fois de la journée. Cette ascension est longue et difficile. Fort heureusement, les températures sont un peu remontées et il fait meilleur. Nous arrivons au sommet vers 15h30. La lumière est superbe et il y a beaucoup de monde. Re-changement de vêtements, re-ravitaillement, re-photo, et nous voilà partis pour Sault. Un flan pâtissier fera office de goûter et de recharge glucidique pour l’ascension finale. 
Enfin vers 17h, nous nous élançons pour la 3ème fois de la journée vers le sommet du Mont Ventoux. Nous savons que la portion Chalet Reynard – Sommet sera très dure… et c’est bien le cas. J’ai un “coup de moins bien” après le Chalet Reynard mais je prends mon rythme sans chercher à forcer la machine. Je pense alors au point rose, à tous ces enfants qui souffrent de maladie incurables … et je me dis que j’ai de la chance d’être là aujourd’hui, de pouvoir vivre ce défi des Cinglés du Ventoux. L’énergie revient et je fais les 3 derniers kilomètres sur un bon rythme. Au sommet, il fait près de 0 degré et il n’y a plus personne, hormis Jean-Jacques notre assistant bienveillant. J’accueille et félicite mes sportifs un par un : Izso, Louis, Marc, puis Bernard. Nous nous couvrons chaudement, puis après une dernière photo, nous entamons l’ultime descente d’une journée mémorable !

L’activité sur Strava : 

https://www.strava.com/activities/1187040745


Le Relive :

https://www.relive.cc/view/1187040745

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Bilan de ce défi :

– Une belle aventure humaine avec mes sportifs 
– Le plaisir d’avoir soutenu le Point rose 

– Un superbe test pour Marc et Izso, en vue de la Haute Route Dolomites 2018
– Des paysages à couper le souffle
– 137km, 4391m de D+ et 7h20 de plus au compteur
 

 

 

 

Entrainement (physio, conseils, coaching..)

11 conseils pour performer lorsqu’il fait très chaud

Chaleur : une bonne hydratation ièrour une thermorégulation optimale

C’est un fait, la chaleur est source de contre-performance pour de nombreux sportifs d’endurance car elle contribue à la perturbation de la thermorégulation et à l’apparition précoce de la fatigue centrale. Ce phénomène est particulièrement flagrant lors des épreuves d’endurance longue distance réalisées sous la canicule.

Chaleur et fatigue

Lorsque effort physique et chaleur sont associés, les sportifs sont confrontés à plusieurs phénomènes potentiellement concomitants qui sont généralement d’autant plus prononcés que la chaleur est importante. Il s’agit principalment de l’hyperthermie et de la déshydratation, et dans un second temps, des troubles digestifs.

Lors d’un effort physique, l’hyperthermie, voire l’insolation ou plus grave le coup de chaleur, survient lorsque les mécanismes de thermorégulation sont dépassés et que la thermogénèse est supérieure à la thermolyse.

L’hyperthermie donc un problème crucial pour les compétiteurs car probablement à l’origine de la fatigue centrale.

En cyclisme, l’hyperthermie est rare car le flux d’eau et d’air permet généralement d’évacuer la chaleur par convection. Seul bémol, la vitesse diminuant notablement, c’est en col ou bien en phase de vent arrière qu’il est le plus compliqué d’évacuer la chaleur.

En running, la vitesse de déplacement est beaucoup plus faible, par conséquent l’évacuation de la chaleur se complique notablement.

Une étude récente montre que la performance est amoindrie en cas de forte température avec un travail mécanique plus élevé à 21°C comparativement à 40°C (Ely et al., 2010).

Chaleur et déshydratation

La déshydratation est un phénomène consécutif à la sudation qui est associée à l’effort. Bien que la sudation soit sous le contrôle de mécanismes complexes et automatisés, le débit de sueur est essentiellement fonction de l’intensité de l’effort, des conditions météorologiques d’une part, et de l’état d’hydratation d’autre part.

La déshydratation se traduit rapidement par une baisse du volume plasmatique qui occasionne un surcroit de travail cardiaque pour maintenir un début sanguin optimal.

De récentes études montrent que la réalisation d’une hypohydratation couplé à un stress thermique induit une dégradation de la performance de 1,6% par degré d’élévation de la température cutanée (moins on boit et plus il fait chaud et moins on est performant (Kenefick et al. 2010).

Cette même étude montre la contrainte cardiovasculaire induite par un début sanguin cutané élevé combiné à une réduction du volume plasmatique est un facteur important de la diminution de la performance.

En pratique !

Repousser l’apparition de la fatigue, qu’elle soit centrale (système nerveux) ou périphérique (muscle) est donc la pierre angulaire de la réussite en sport lorsque la température et l’hygrométrie sont élevées.

Voici quelques conseils pratiques pour éviter la surchauffe à l’entraînement :

1. S’hydrater régulièrement avec une boisson énergétique à raison de 500 à 750ml par heure d’effort.
2. S’entraîner à la fraiche le matin de bonne heure ou le soir tard
3. Privilégier les parcours ombragés
4. Porter une tenue vestimentaire adaptée : vêtements clairs et couvrants…
5. Porter de lunettes de soleil : c’est un moyen efficace pour diminuer la perception et les effets de la réverbération et du rayonnement lumineux sur le système nerveux.
6. Refroidir les muscles actifs en s’aspergeant d’eau froide, en particulier dans les ascensions où la vitesse de déplacement est plus faible. Les cuisses, la nuque, le crane sont les zones qui doivent être privilégiées.
7. Prendre une douche ou un bain froid après la séance.

… et pour être efficace lors d’une compétition en ambiance très chaude :

8. Se sur-hydrater (2 litres par jour) les jours précédents l’épreuve pour constituer des stocks hydriques.
9. Essayer de s’acclimater en amont de l’épreuve en s’entraînant de temps en temps chez soi en conditions très chaude (en milieu de journée).
10. Faire un réveil musculaire le matin de l’épreuve (4h avant) pour préparer l’organisme à opérer une thermolyse efficace, notamment par la stimulation des protéines de choc thermique (Heat Shock Proteins).
11. Consommer des compléments enrichis en caféine pour stimuler la encore la synthèse des protéines de choc thermique (Whiteman M et al., 2006).

Conclusion

Les recettes pour lutter contre le stress thermique sont relativement simples et il suffit de les appliquer avec rigueur pour être au top le jour J.

Cependant, des recherches récentes semblent montrer que certains neurostransmetteurs, dopamine et noradrénaline, sont impliqués dans les mécanismes de thermorégulation à l’effort et d’apparition de la fatigue centrale (Roelands et al., 2010).
Il est donc probable que les recommandations évoluent dans le futur, notamment sur le plan nutritionnel.

A suivre donc !

Par Jean-Baptiste Wiroth – PhD
Fondateur du réseau de coach WTS
www.wts.fr


Références

1- Aerobic performance is degraded, despite modest hyperthermia, in hot environments.
Ely BR et al., Med Sci Sports Exerc. 2010 Jan;42(1):135-41

2- Novel Pre-Cooling Strategy Enhances Time Trial Cycling In the Heat.
Ross ML et al., Med Sci Sports Exerc. 2010 May 27

3- Skin Temperature Modifes the Impact of Hypohydration on Aerobic Performance.
Kenefick RW et al., J Appl Physiol. 2010 Apr 8

4 – Effect of caffeine supplementation on the extracellular heat shock protein 72 response to exercise.
Whitham M et al., J Appl Physiol. 2006 Oct ; 101(4):1222-7

5- Alterations in central fatigue by pharmacological manipulations of neurotransmitters in normal and high ambient temperature.
Roelands B, Meeusen R., Sports Med. 2010 Mar 1;40(3):229-46


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Entrainement (physio, conseils, coaching..)

Reprendre le sport après 40 ans

Reprendre le sport après 40 ans
Nombreux sont celles et ceux qui décident de « se reprendre en main » et de reprendre le sport pour essayer de retrouver le corps et l’énergie de leurs 20 ans.
C’est une excellente idée mais il ne faut cependant pas faire d’erreur sous peine de rater sa reprise !

Conséquences du manque d’activité physique 

Même si on a été un sportif de bon niveau dans sa jeunesse, sans exercice physique régulier, de nombreuses fonctions « périclitent » avec le temps … et à 40 ans on se retrouve bien souvent :

  • avec plus ou moins 10kg en trop sur la balance
  • essoufflé dès que l’on doit monter des escaliers
  • dépassé par ses enfants ou ses copains plus actifs
  • fatigué au quotidien

Sur le plan physiologique, cela se traduit par

  • une modification de la composition corporelle avec prise de masse grasse et perte de masse musculaire (et déminéralisation osseuse chez les femmes)
  • une moindre efficacité cardiaque engendrant baisse de la consommation maximale d’oxygène et de la puissance maximale aérobie (respectivement VO2max et PMA)
  • une désadaptation musculaire : baisse de la force, de l’endurance, de la tonicité des ceintures abdominale, thoracique et scapulaire

Bref tout se résume par “USE IT OR LOSE IT

Quel sport choisir ?
Peu importe l’activité, il faut avant tout choisir un sport que l’on prenne plaisir à pratiquer. Cependant, en cas de surpoids, il vaut mieux privilégier les sports dits “portés” comme la natation, l’aquagym, l’aquabiking, le vélo normal ou électriqu . La marche active ou nordique  peut aussi convenir.
A l’inverse il vaut mieux éviter la course à pied, et les activités intenses comme le tennis, le football, le squash… etc. 


Les avantages du vélo pour se remettre en forme
Chez WTS, nous sommes particulièrement fans du vélo car la pratique du cyclisme présente de nombreux avantages :

  • Le vélo induit une forte dépense énergétique facilitant ainsi la perte de masse grasse
  • Le vélo sollicite fortement le système cardiovasculaire permettant de « remuscler » le cœur et de « booster » la V02max
  • Le vélo renforce les extenseurs des membres inférieurs (fessiers, quadriceps, , ischio-jambiers, mollets…)
  • Le vélo est un sport « porté » épargnant ainsi les articulations a fortiori en cas de surpoids
  • Le vélo est un sport d’équilibre qui sollicite par conséquent les organes équilibrateurs (oreille interne, vision, capteurs propriocepteurs)
  • Le vélo est un sport de plein air synonyme de détente et d’oxygénation

Cependant, la pratique du cyclisme présente aussi certains inconvénients potentiels

  • Le vélo est un sport extrêmement exigeant notamment sur le plan cardiovasculaire. Il convient donc de prendre certaines précautions lors de la reprise. En cas de très petite condition physique, l’utilisation d’un vélo électrique peut être particulièrement indiquée.
  • Le vélo ne permet pas de tonifier les muscles du tronc et des membres supérieurs. Il est donc intéressant de faire du renforcement musculaire en parallèle (gainage, musculation, natation par exemple

Protocole de reprise

Les principaux commandements sont prudence, progressivité et persévérance. En effet, après des années de sédentarité plus ou moins prononcée, il est important de ne pas brûler les étapes même si l’on garde en soi le souvenir fort de performances passées.

Etape 1 : consulter son médecin et demander à réaliser un test d’effort
Le test d’effort cardiologique permet tout d’abord de déceler d’éventuelles contre-indications à la pratique du vélo. Un examen clinique ainsi qu’un électrocardiogramme de repos et d’effort sont systématiquement pratiqués pour déceler d’éventuelles problèmes. En cas d’anomalie, le médecin ou le cardiologue prescrit des examens complémentaires, avec en premier lieu une échographie du cœur.
Sur le plan physiologique, un test d’effort réalisé en laboratoire permet aussi d’évaluer avec précision un grand nombre de paramètres tels la fréquence cardiaque, la consommation d’oxygène, les seuils en fonction de la puissance développée sur l’ergocycle. Ce type de test d’effort permet de déterminer la fameuse VO2max, la fréquence cardiaque maximale (FCmax) et la puissance maximale aérobie (PMA). L’obtention de telles données permet alors de situer le sportif par rapport à des valeurs de référence. Cela permet aussi et surtout de donner des orientations précises à l’entraînement et de définir des allures d’entraînement personnalisées.

Etape 2 : investir dans un cardiofréquencemètre, ou mieux un capteur de puissance
Cet outil permettra de mieux contrôler sa fréquence cardiaque (ou sa puissance) et de mieux gérer l’intensité de l’effort. C’est donc un gage d’efficacité et de sécurité

Etape 3 : faire réviser son vélo ou en acheter un neuf
Il serait dommage que la reprise soit abrégée par des problèmes techniques 

Etape 4 : se fixer un objectif sportif à 3-6 mois
Cet objectif sera le point de mire de votre reprise. Il doit être ambitieux mais réaliste. Inutile de se fixer un objectif hors de portée ! Cela peut-être une randonnée, l’ascension d’un col mythique, voir une cyclosportive. Cet objectif doit contribuer à entretenir la motivation lorsque cela sera difficile.

Etape 5 : reprendre le sport progressivement
L’erreur la plus communément commise est de reprendre le sport trop vite, trop long et/ou trop fort. Il est donc recommandé de reprendre par des séances courtes dur des parcours plats ou légèrement vallonnés. Ces séances seront réalisées en solo afin de ne pas rouler en sur-régime permanent.

Etape 6 : privilégier la régularité des séances
Pour progresser, il faut impérativement placer un minimum d’une séance par semaine. Toute séance « sautée » sera synonyme de stagnation, voire de retour en arrière.

Etape 6 : être persévérant et patient
Il y aura forcément des moments difficiles où le découragement et la démotivation seront prédominants. Dans ces moments là, il conviendra de « garder le cap » et de se remémorer l’objectif final. Lorsque l’on repart de zéro, il faut compter une période incompressible de 3 mois au cours de laquelle l’entraînement sera difficile et douloureux. Ce n’est qu’au bout de cette phase que les adaptations physiologiques se feront sentir et que l’effort sera plutôt synonyme de plaisir.

 

L’expert vous répond
« Je compte reprendre le sport mais je dois perdre 15kg pour retrouver un poids correct, comment faire ? »
Fixez vous de perdre 1 à 2 kg par mois, pas plus, sous peine de vous épuiser.
Sur le plan nutritionnel, supprimez dans un premier temps les produits sucrés (sodas, bonbons, pâtisseries), les produits très gras (fromage, charcuterie) et les sources d’alcool. Pensez à manger froid plutôt que chaud. Même si vous avez beaucoup de poids à perdre, n’oubliez pas de vous alimenter sur le vélo dès que les séances dépassent 1h, vos séances seront plus qualitatives. Consultez un diététicien si votre perte de poids stagne.
Sur le plan de l’exercice physique, en parallèle de l’entraînement vélo, pensez à multiplier les petits efforts qui paraissent anodins : montez par les escaliers plutôt que de prendre l’ascenseur, allez à votre travail à pied ou à vélo… etc.

Par Jean-Baptiste Wiroth – PhD
Fondateur du réseau de coach WTS


Coaching 
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Avec son réseau de coachs experts, WTS peut vous accompagner de manière personnalisée dans votre projet sportif.
Nous pouvons vous proposer :
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Entrainement (physio, conseils, coaching..)

Haute Route : Le challenge de la triple couronne…

Haute Route : Le challenge de la triple couronne !

La Haute Route est considérée comme la plus difficile de cyclosportive par étape au monde. À l’issue des 7 étapes, vous aurez parcouru plus de 800 km et cumulé plus de 20 000 mètres de dénivelé. Il existe trois Haute Route : La Haute Route Pyrénées, la Haute Route Alpes et la Haute Route des Dolomites.

Depuis plusieurs année, j’ai le plaisir d’aider de nombreux athlètes à se préparer en vue de la Haute Route ou encore de coacher des équipes pendant la course.
En 2015, je me suis ainsi occupé des 22 coureurs du team mexicains des Guadalupanos sur la Haute Route Dolomites.  

Haute Route : le team Guadalupanos (Mexico)

 

En 2016, j’ai eu le plaisir d’observer la performance de Nicolas Raybaud, qui s’est courageusement lancé sur le Challenge de la triple couronne (les 3 Haute Route enchaînées). Nicolas m’a récemment sollicité pour analyser les datas enregistrées au cours de ces 3 semaines de course.
Voici mes observations.

Haute Route 2016 : Nicolas Raybaud avec JB Wiroth et Sylvain Perreal au sommet du Stelvio

 

 

1 – La vitesse ascensionnelle

Le premier graphique montre la réalité de l’effort avec l’évolution de la Vitesse Ascentionnelle moyenne (VA moy) et maximale (VA Max).
La VA est un reflet direct du rapport puissance/poids que l’on pourrait mesurer avec un capteur de puissance SRM ou Powertap.

Haute Route : Evolution de la vitesse ascensionnelle

On observe que la VA moyenne a diminué d’une Haute Route à l’autre. 

  • Pyrénées, Nicolas a monté les cols à 1150m/h en moyenne. 
  • Alpes, Nicolas a monté les cols à 1133m/h en moyenne.
  • Dolomites, Nicolas a monté les cols à 1077m/h en moyenne .

 Cette décroissance peut s’expliquer par diverses facteurs :

  • L’installation progressive de la fatigue musculaire et métabolique
  • L’épuisement progressif des réserves de glycogène (le supercarburant musculaire qui permet de monter vite)
  • Des cols globalement plus longs dans les Alpes et les Dolomites

Ce même graphique montre que Nicolas a battu son record de VA Moyenne sur la HR Dolomites. Il a atteint un record à 1339m/h lors du la montée du Col de Cou lors de la première étape de la HR Dolomites. Ce record s’explique probablement par des circonstances de course particulières : 

  • Un peloton très frais et très motivé.
  • L’étape suivait un jour de repos et une recupération active.

 

2 – La dérive cardiaque 

Le second graphique met en évidence que la réponse cardiaque diminue inéluctablement au cours du temps. La FC max passe de 189bpm sur la première étape de la HR Pyrénées à 163bpm lors de l’ascension du passo Giau dernier grand col de la HR Dolomites.

graphique dérive cardiaque pendant les cyclosportive haute route
Haute Route : Evolution de la fréquence cardiaque

Cette diminution traduit principalement l’installation progressive de la fatigue. Il y a une incapacité à « monter dans les tours ». Ce phénomène vise à protéger l’organisme, en particulier le système cardio-vasculaire . C’est l’illustration de la théorie de la fatigue et du « central governor » chère à Tim Noakes, célèbre physiologiste sud-africain.

La FC moyenne diminue de manière très comparable à la FC max. 

  • Un record à 183bpm de moyenne lors des 31min de grimpée du col d’Ahusky (1ère étape de la HRPyrénées).
  • Le minimum à 136 bpm dans le passo Bernina (3ème étape HR Dolomites).
nicolas raybaud specialized dans l'ascension du passo di giau
Haute Route : Nicolas Raynaud en action dans le passo Gavia !

 

3 – Une amélioration progressive de l’efficience.

Le croisement des données de VA moyenne avec les données de FC moyenne permet d’obtenir un indice d’efficience. Il est exprimé en mètre de dénivelé par battement cardiaque. Cet indice a tendance à légèrement s’améliorer au cours du temps. Nicolas dégage ses 2 meilleurs valeurs au début de la HR Dolomites. Cela traduit un très probable effet d’entraînement.

graphique indice d’efficience exprimé en mètre de dénivelé par battement cardiaque.

En croisant les données enregistrées (VMA, FC) avec le ressenti de Nicolas, il est possible de tirer un certain nombre d’enseignement de cette expérience unique.

  1. La décroissance cardiaque en particulier en terme de FCmax traduit l’épuisement progressif des ressources de Nicolas. En effet, pour « faire monter le cœur », les glandes surrénales doivent produire suffisamment d’adrénaline et le système nerveux sympathique doit rester « tonique ». Il ne faut donc pas s’inquiéter si les « pulses » ne monte plus … par contre attention à ne pas se focaliser sur des zones cardiaques établies en amont de la Haute Route : après quelques jours d’effort, ces zones deviennent caduques ! Il vaut mieux alors se baser sur ses sensations, ses watts ou sa vitesse ascensionnelle.
  2. De manière concomitante à la FC, la VAM a décru de manière progressive traduisant une diminution de la puissance en côte. Cependant, Nicolas a su compenser la baisse relative de ses performances par une meilleure efficience cardiaque : pour un même nombre de battements cardiaque, Nicolas gravi plus de dénivelle positif. Ce phénomène traduit l’apparition d’adaptations physiologiques notamment sur le plan cardiovasculaire. Adaptations qui deviennent très significatives après quelques jours de récupération : la surcompensation post-Haute Route est spectaculaire selon Nicolas. [Lire le dossier sur la Surcompensation]

 

Conclusion

Participer à une Haute Route ne s’improvise pas mais c’est un challenge qui est accessible à tous les sportifs entraînés. En effet, réussir à terminer la course repose pour 50% sur un bonne préparation et pour 50% sur une bonne gestion de sa course (effort, logistique, récupération, sommeil…).  

Enchainer les 3 Hautes Routes est un challenge incroyable que bien des coureurs professionnels auraient du mal à relever. Nicolas a su le relever avec brio. Au vu de sa victoire au classement général de la Triple Couronne, il est clair que Nicolas a su non seulement gérer ses ressources de manière optimale, mais aussi repousser ses limites physiques et mentales.
C’est remarquable quand on sait que Nicolas travaille comme la plupart d’entres-nous et qu’il a accompli cette performance sur ses congés annuels ! 


Auteur
Jean-Baptiste Wiroth – PhD

Fondateur de WTS – The Coaching Company
Article réalisé avec l’aide de Nicolas Raybaud et des coachs du réseau WTS (Sylvain Perreal, Fred Sultana) 
 


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Actu WTS

Entraînement : Top 10 des articles les plus lus…

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Depuis nos débuts en 2002, nous partageons notre expertise de la préparation physique et notre connaissance de l’entraînement avec les sportifs. Cela se fait notamment, via la rédaction d’articles techniques sur l’entrainement et la nutrition.

Voici le Top 10 des articles sur l’entrainement les plus consultés sur notre site internet www.wts.fr .

sprint-cycling-legs1- Pourquoi gagner en force lorsqu’on fait de l’endurance? 

Par Jean-Baptiste Wiroth

“La réponse est toute simple : Pour être plus PUISSANT(E) ! En effet, rares sont les activités d’endurance qui ne nécessitent pas de puissance. La puissance développée peut être relativement stable dans le cas de la course à pied sur route (marathon…), ou très variable comme dans les disciplines « tout terrain » …
>> Lire la suite ici

thumb_article-tendinite-wts-mollet_10242- La tendinite n’existe pas 

Par Edouard Hervé

“Rares sont les sportifs qui n’ont pas eu à gérer une tendinite douloureuse. Le tendon est une structure fibreuse qui rattache le muscle à l’os. Une hyper-utilisation intense et répétitive des tendons est un facteur majeur de tendinites.”>> Lire la suite ici 

 

PremierEliteH ironman Nice3- Ironman : 10 erreurs à éviter 

Par Fred Sultana

“Que l’on soit débutant ou expérimenté, « Préparer un Ironman » demande un grand investissement personnel. Réaliser ce type d’épreuve nécessite un entrainement chronophage avec toutes les conséquences sur sa vie mais aussi toute une organisation logistique indispensable pour essayer d’être dans des conditions favorables sur la ligne de départ.”>> Lire la suite ici                                                                   

 

ag2rlamondiale4- Cinq conseils pour améliorer sa puissance en côte 

Par Jean-Baptiste Wiroth

“Performer dans un col est avant tout une histoire de puissance… en particulier en montée. On a « les cannes » ou pas ! Examinons les différents moyens qui peuvent permettre d’être plus puissant en côte.”
>> Lire la suite ici 

promclassic 0235- Qu’est-ce que l’entraînement polarisé? 

Par Jean-Baptiste Wiroth

“L’entraînement polarisé est un concept à la mode dont les fondements sont déjà anciens. De manière schématique, l’entraînement polarisé peut se résumer de la sorte : 80% de travail à basse intensité, et 20% de travail à haute intensité. Avec l’entraînement polarisé, on évite donc la zone d’intensité moyenne (celle que l’on adopte en cyclosportive) qui produit beaucoup de fatigue et peu de progression.”>> Lire la suite ici 

puissance_powertap6- Capteur de puissance : le maitriser pour s’entrainer et performer 

Par Fred Sultana

“L’utilisation du capteur de puissance se généralise dans la pratique du cyclisme mais aussi du triathlon. Depuis que les professionnels (ou presque tous) ont adopté le capteur de puissance, de nombreux amateurs s’y mettent. Pour certains, l’utilisation de ce paramètre devient indispensable à l’entrainement comme en compétition.”
>> Lire la suite ici 

cimes-de-la-bonnette7- Bien gérer la phase d’affûtage 

Par Jean-Baptiste Wiroth

“Cela fait des mois que vous vous entrainez pour votre objectif de l’année… et pour ne pas compromettre tant d’efforts inutilement, il est important de gérer au mieux les derniers jours, en particulier en terme d’entraînement et de nutrition.” >> Lire la suite ici 

velo-ventoux-8- Progresser avec la surcompensation

Par Jean-Baptiste Wiroth

“Sous ce terme un peu mystérieux se cache en fait un processus physiologique tout à fait naturel qui permet à l’être humain de s’adapter à de nouvelles situations. Ainsi, pour progresser et développer son potentiel, le sportif doit habituer son organisme à subir des contraintes physiques, techniques ou mentales, progressivement plus dures.”
>> Lire la suite ici 

FIT0000A0749- Comment modifier sa composition corporelle?

Par Jean-Baptiste Wiroth

“Mise à part l’eau corporelle qui représente 70% de notre poids, notre organisme est constitué de trois grands compartiments : la masse musculaire, la masse grasse, et la masse osseuse. Les extraordinaires capacités d’adaptations du corps humain font qu’il est possible de modifier sa composition corporelle en adoptant un entrainement et une alimentation en adéquation avec des objectifs.”>> Lire la suite ici            

rythmes-circadiens
rythmes-circadiens

10- Rythmes chronobiologiques et performance

Par Jean-Baptiste Wiroth

“Que l’on soit sportif accompli ou non, nos activités quotidiennes sont influencées par les variations cycliques de notre environnement. Ainsi, même si les sociétés occidentales ont un peu perdu le lien qui nous unis à notre écosystème, nous sommes néanmoins influencés par certains phénomènes tel que l’alternance jour/nuit, les cycles lunaires, ou encore les saisons.”
>> Lire la suite ici             

 

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